Notre récit va tout d’abord s’intéresser aux quatre syndicats Durance-Luberon, Durance-Ventoux, Rhône-Ventoux, Rhône-Aygues-Ouvèze qui ont une origine commune et une vocation unique au départ : l’eau potable, puis le SIVOM du Calavon qui s’est développé différemment.
Cet exposé tient compte essentiellement des écrits de Monsieur Léon NOURRIT, ingénieur en chef du service du Génie Rural qui a été le responsable de la Direction Départementale de l’Agriculture en Vaucluse de 1942 à 1952.
En 1942, en pleine guerre mondiale, la France est en situation de pénurie. Or, voici que les précipitations atmosphériques en France mais surtout dans le midi, sont en baisse sensible. Le Ministre de l’Agriculture prescrit le recensement général des ressources en eau et l’établissement d’un programme de travaux pour utiliser ces ressources.
Accompagné de Monsieur THORAL, professeur de géologie à la Faculté des Sciences de LYON et géologue officiel pour le Vaucluse, Monsieur NOURRIT parcourt tout le département pour effectuer cette étude.
A son terme, les nappes alluviales du Rhône et de la Durance leur sont apparues comme les seules ressources pouvant assurer présentement et pour l’avenir, l’alimentation en eau potable du Vaucluse.
Prenant exemple sur ce qui avait été réalisé par le génie rural pour l’électrification rurale de la FRANCE (regroupement des communes rurales en syndicats), Monsieur NOURRIT retint cette idée d’opter en Vaucluse pour une solution syndicale qui serait appliquée, compte tenu de la topographie, en quatre zones.

A l’issue d’une visite sur le terrain en août 1945 à laquelle fut associé Monsieur Marc MERLIN, ingénieur, le programme départemental de distribution d’eau potable fut défini. Il est décidé que l’eau serait captée dans les alluvions de la DURANCE à PERTUIS et à CHEVAL-BLANC pour les deux premiers syndicats, à SORGUES et à MORNAS dans les alluvions du RHÔNE pour les deux autres.
Cette première étape administrative et technique franchie, il fallut lancer les prémices de l’organisation du service : urbains ou ruraux, habitat dispersé ou groupé : le même prix au m3 pour tous !
Les réactions des élus (locaux et départementaux) furent diverses et variées. Le problème de la gratuité séculaire de l’eau de la très respectée fontaine de la place du village fut largement évoqué. Les débats furent passionnés allant de l’enthousiasme à la colère en passant par la prudence, voire l’indifférence, mais tout finit par un accord mettant en avant la solidarité.
Chaque syndicat a été créé par arrêté préfectoral :
Quant au SIVOM du Calavon, il a été créé par arrêté préfectoral du 4 novembre 1964. Il concernait à l’origine AURIBEAU, CASENEUVE, RUSTREL, SAIGNON et VIENS. Pour la gestion de l’eau potable CASTELLET, LAGARDE D’APT, SAINT MARTIN DE CASTILLON ont ensuite rejoint les communes fondatrices.